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Aérien. Pourquoi des avions font des « vols à vide » ? Trois questions pour comprendre la polémique



Ce jeudi, l’association représentant les aéroports européens (ACI Europe) a répondu. Selon elle, les compagnies aériennes n’ont aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe pour conserver leurs créneaux. L’association a dit sa « consternation » face à cette polémique.

Que sont ces créneaux aéroportuaires et quelles sont les règles ?

Les créneaux aéroportuaires, c’est le droit pour une compagnie de faire décoller ou atterrir un avion à un horaire donné. C’est très précieux. Comme le rappelle la RTBF, Air France-KLM a revendu à Londres une paire de créneaux horaires à Oman Air pour 75 millions de dollars en 2016.

En temps normal, les règles européennes prévoient que les compagnies doivent utiliser au moins 80% des créneaux de décollage et d’atterrissage qui leur sont attribués dans les aéroports, sans quoi elles perdent leurs droits la saison suivante. La raison : éviter qu’une compagnie bloque des créneaux qu’elle n’utiliserait pas ou peu, en empêchant des concurrents de s’y installer. Ce sont donc des règles de libre concurrence.

Avec la crise sanitaire, qui a provoqué l’effondrement du trafic aérien depuis mars 2020, ces règles n’avaient plus beaucoup de sens. Cela a conduit Bruxelles à les suspendre. Ainsi depuis le 28 mars 2021, les compagnies sont tenues d’utiliser non plus 80% mais 50% de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage pour pouvoir les conserver.

Ce niveau est toutefois encore jugé excessif par le secteur aérien, du fait de la lente reprise et des nouvelles restrictions dues au variant Omicron. Mi-décembre, Bruxelles a même annoncé que ce seuil serait encore augmenté à 64% pour la prochaine saison d’été, du 28 mars au 29 octobre, à leur grand désespoir.

Les compagnies sont-elles vraiment obligées de voler à vide ?

D’après les aéroports, pas vraiment. Les compagnies aériennes peuvent bénéficier d’exemptions et « sont très bien protégées contre les incertitudes actuelles », notamment la vague du variant Omicron du Covid-19 qui a mis un coup de frein aux réservations, a souligné ACI Europe dans un communiqué.

L’organisation a dit sa « consternation au sujet de l’escalade des déclarations » politiques et du secteur sur ce thème des « vols à vide » qui pour elle laissent entrevoir un « scénario de fin du monde (…) sans lien avec la réalité ».

ACI Europe a ajouté soutenir la position de la Commission européenne et rappelé que les compagnies pouvaient conserver leurs créneaux en faisant invoquer par leur régulateur national la clause de « non utilisation justifiée des créneaux ».

Celle-ci « couvre non seulement les interdictions de voyager pures et simples, mais aussi des restrictions de mouvement, des mesures de quarantaine ou d’isolement qui affectent la viabilité ou la possibilité de voyager, ou la demande sur certaines liaisons », selon l’organisation.

Air France, par exemple, n’a jamais opéré de vol à vide « pour conserver des créneaux horaires et ne prévoit pas de le faire ». La compagnie s’est toutefois dite « favorable à une réévaluation de ces règles pour que les compagnies continuent d’assurer des vols uniquement quand la demande le justifie ».



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