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Campus du PS à Blois : en attendant le congrès




Il y a un an, elle était là en quasi-majesté. Anne Hidalgo avait fait une apparition très remarquée aux universités d’été du PS, déjà organisées à Blois. La préfecture du Loir-et-Cher avait été veinarde : quelques semaines plus tard, la candidate à l’Élysée n’avait pas daigné visiter les militants socialistes réunis à Villeurbanne pour leur congrès. Ce week-end, personne n’est attendu avec impatience. Le campus du PS devrait se dérouler dans le calme, armes rangées, pro et anti-Faure s’épiant du coin de l’œil. « C’est une université de reniflage », s’amuse Philippe Doucet, ex-maire d’Argenteuil et figure des opposants d’Olivier Faure, le patron du PS.

La Nupes sera l’un des sujets de débat. L’accord signé entre LFI et le PS a porté ses fruits électoraux. Olivier Faure le rappelle souvent. Le groupe socialiste à l’assemblée a sauvé les meubles, augmentant même le nombre de ses élus. Mais l’accord est surveillé comme le lait sur le feu. « C’est un accord électoral, c’est tout », résume Laurence Rossignol. La sénatrice socialiste ajoute, comme pour bien faire comprendre que ses confrères députés n’ont pas à s’aligner sur les directives des troupes de Mélenchon : « Nupes, ce n’est pas l’abréviation de “nuptial”. »

Les Verts ont, déjà, lancé l’après-législatives. Une tribune parue dans le JDD a appelé à une refondation d’EELV, tandis que plusieurs leaders écologistes ferment la porte à une liste Nupes aux européennes, dans deux ans. Les socialistes n’en sont pas là. Les députés et la direction du PS affichent, officiellement, leur satisfaction. Mais certains souffrent de l’omniprésence médiatique des Insoumis, au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon, et de leur goût pour le conflit permanent. Plusieurs cadres du groupe à l’Assemblée, comme Dominique Potier et Valérie Rabault, ne se sentent pas très à l’aise dans ce mariage forcé. L’ex-présidente du groupe devrait d’ailleurs s’exprimer à la rentrée.

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Mis à part les sénatoriales, l’an prochain, il n’y aura pas d’élections d’ampleur avant 2024. La direction du Parti socialiste a donc deux ans pour trouver la bonne distance avec son allié mélenchoniste de circonstance. L’heure n’est pas encore à guerroyer au sein du parti pour trancher une ligne stratégique. Les principaux rivaux d’Olivier Faure, tels que Carole Delga et Stéphane Le Foll, font pour l’heure profil assez bas. La présidente de l’Occitanie, qui avait soutenu des candidats opposés à la Nupes aux législatives, doit prendre la parole publiquement à Blois, mais dans le cadre de ses fonctions de présidente de la Fnesr, le réseau des élus de gauche. Elle organisera, le 25 septembre, une réunion ouverte au-delà du PS à Bram, une commune de l’Aude. « Elle veut commencer une démarche pour construire un projet de gauche de gouvernement », confie son entourage, précisant que Carole Delga ne suit pas une ambition personnelle, l’Élysée en point de mire. Le maire du Mans, lui, préfère pour l’heure le silence. Stéphane Le Foll ne sera pas à Blois.

Le retour de la synthèse

La prochaine échéance interne se déroulera en décembre, plus sûrement en janvier. C’est la date choisie par le PS pour son prochain congrès (les statuts prévoient son organisation six mois après une élection présidentielle). « Il faut refonder un corpus idéologique », prévient Philippe Doucet. La cheffe de file des opposants d’Olivier Faure au sein du parti, Hélène Geoffroy, sera à Blois. La maire de Vaulx-en-Velin entend marquer sa différence, sans pour autant ruer dans les brancards sauf surprise.

Les opposants d’Olivier Faure auront tout loisir de s’exprimer méthodiquement à partir de septembre. Le premier secrétaire a décidé de remettre un peu de débat dans la maison socialiste, après deux congrès rapidement bouclés et des différends souvent étouffés, regrettent ses adversaires. Il a ressorti les vieilles recettes : les militants pourront rédiger des contributions générales, débattues en section. « Chacun doit pouvoir s’exprimer », observe Corinne Narassiguin, l’une des dirigeantes du PS. Suivant la subtile machinerie socialiste, les auteurs des contributions pourront ensuite les fusionner entre elles pour donner naissance à des textes d’orientation (appelés auparavant les « motions »).

Un vote interviendra à la fin de l’année pour départager les textes d’orientation et, ainsi, désigner le futur premier secrétaire (Olivier Faure étant candidat à sa réélection, rappelle son entourage). On renouera donc, si besoin, avec les fameuses synthèses entre motions, exercice dans lequel excellait un certain… François Hollande qui, pour l’heure, ne pipe mot. L’ancien premier secrétaire et chef de l’État pourrait reprendre la parole en septembre, avec la promotion de son livre intitulé Bouleversements : pour comprendre le nouvel ordre mondial. Une tête d’affiche qui, comme Anne Hidalgo il y a un an, aura sans doute son mot à dire sur l’avenir du socialisme.

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