Politics

ce que dit le dernier avis du conseil scientifique



« L’épidémie n’est pas terminée ! » Point d’exclamation inclus, telle est la première phrase du dernier avis du conseil scientifique sur le Covid-19.

18 000 morts en trois mois

Chargée de conseiller le gouvernement sur l’épidémie, l’instance brosse une situation qui s’améliore, mais pointe le risque de « banalisation » d’une maladie toujours très meurtrière, qui a entraîné la mort de 18 000 personnes depuis le 15 décembre.

L’épidémie se poursuit avec une circulation virale encore élevée. […] Le retentissement sur le système de soins a nettement baissé depuis la mi-février

Le Conseil scientifique dans son avis du 11 mars 

Le conseil scientifique paraît confirmer le bien-fondé de la fin de quasiment toutes les restrictions sanitaires (fin du masque obligatoire en lieu clos, levée du pass vaccinal…) – malgré le rebond épidémique actuel : « Dans tous les scénarios explorés, le pic des cas reste très inférieur au pic de janvier (plus de 300 000 cas par jour en moyenne, ndlr). Il pourrait néanmoins dépasser 100 000 cas quotidiens en mars » en cas de relâchement trop prononcé des comportements.

De multiples causes à l’origine du rebond

Les raisons du rebond épidémique actuel sont nombreuses et a priori identifiées : un fort relâchement des gestes barrières anticipant une amélioration, un sous-variant d’Omicron, BA.2, plus contagieux de 30 à 50%, la météo hivernale, la rentrée scolaire… et le déclin de l’immunité suscitée par le vaccin.

Impossible, rappelle le conseil scientifique, de déterminer dans quelles proportions chaque facteur joue un rôle, mais leur accumulation entraîne inexorablement une circulation virale en hausse. Celle-ci est d’ailleurs quasiment généralisée sur le continent européen, à mesure que le sous-variant BA.2 progresse et que les restrictions sont allégées.

De nombreuses préoccupations subsistent

Le conseil scientifique dresse aussi plusieurs points de préoccupation – et les recommandations correspondantes.

D’abord, le taux de vaccination des plus âgés – et donc des plus fragiles – reste insuffisant.

Préconisant une quatrième dose (ou seconde dose de rappel) pour ces populations, possible depuis lundi, il insiste aussi sur l’importance de s’assurer que tous les plus fragiles, au moins, aient bien reçu leur dose de rappel.

Une mesure indispensable afin de limiter, au moins, l’augmentation du nombre d’hospitalisations dans les semaines qui viennent.

Chaque jour, à nouveau, on compte en France plus de 1000 admissions pour Covid en France. L’institut Pasteur envisage une augmentation faible et transitoire de ce chiffre… à condition que les contacts restent limités.

Une épidémie « banalisée », malgré les morts

Mais le conseil scientifique pointe un autre angle mort : celui de la « banalisation de l’épidémie dans la société ». Et constate que sur fond de conflit en Ukraine, « le Covid-19 est passé au second plan ». Par ailleurs, « les citoyens ont la perception que les variants Omicron ont entraîné un grand nombre de nouvelles contaminations en décembre 2021, janvier et février 2022, mais que ces contaminations entraînent des formes peu sévères ». Pour toutes ces raisons, l’instance parle d’une « banalisation de l’épidémie dans la société » :

Environ 18 000 décès liés au Covid ont eu lieu en France depuis le 15 décembre 2021 (dont une partie importante est liée aux variants Omicron, variants dit peu sévère), et ce, avec une certaine forme de banalisation et d’indifférence

Le Conseil scientifique

Au-delà des seules personnes de plus de 80 ans, deux points sont susceptibles d’inquiéter – conjointement : le déclin de l’immunité, qu’elle provienne du vaccin ou d’une infection ; et l’échappement immunitaire dont fait preuve le sous-variant BA.2 en particulier, par rapport aux précédents variants.

Sans parler de l’apparition, probable, d’un nouveau variant dans le futur… causée par la forte circulation virale. Ce mercredi, Israël a déjà annoncé un « variant » inconnu, combinant BA.1 et BA.2.

Quant à la moindre sévérité d’Omicron, elle est à relativiser : face à la population peu immunisée de Hong Kong, ce variant réputé peu virulent cause actuellement une véritable hécatombe.

Responsabilisation individuelle et pédagogie

Enfin, le conseil scientifique alerte sur les risques liés au covid long chez les adultes, d’une part, et aux atteintes sévères dites « Pims », chez les plus jeunes – même après une forme légère ou asymptomatique.

Dans un contexte de levée de la quasi-totalité des restrictions sanitaires, il invite les autorités à « s’appuyer davantage sur une forme de responsabilisation individuelle et de gestion du risque », notamment en faisant un « effort de pédagogie et d’information de la population durant les prochaines semaines ».

Selon un sondage publié mardi, la majorité des Français se prononcent contre la fin de l’obligation du port du masque en lieu clos, et un grand nombre va continuer à le porter tant que l’épidémie reste à un niveau élevé.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.