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Julian Fellowes a-t-il réussi sa traversée de l’Atlantique ?



Le créateur britannique transpose dans le New York de la fin du XIXe siècle les ingrédients qui ont fait le succès de la série Downton Abbey. Entre indifférence polie et sarcasmes, la presse britannique commente le résultat. The Gilded Age est diffusée en France sur OCS.

La première scène de The Gilded Age nous emmène à Central Park, à New York, en 1882. Des moutons s’écartent en bêlant devant un convoi de carrioles chargées de mobilier. “Ils font demi-tour et fuient la caméra. Une sage décision, tout bien considéré”, se moque Lucy Mangan, la critique télé du Guardian.

Il y a une bonne décennie, le scénariste et réalisateur britannique Julian Fellowes a connu le succès avec Downton Abbey, un soap qui retraçait la lutte contre le déclin d’une famille aristocratique du Yorkshire dans les années 1910-1930, ainsi que les aspirations de ses employés de maison. Les codes du vieux monde craquaient, et les personnages, chacun à leur façon, cherchaient au fil des six saisons à tirer parti de cette nouvelle donne.

Vieilles familles, nouveaux riches et personnel de maison

Achetée aux États-Unis par la chaîne PBS, primée aux Golden Globes et aux Emmy Awards, Downton Abbey avait séduit le public américain. En ce début d’année 2022, Julian Fellowes tente de renouveler son exploit. Le 24 janvier, HBO a commencé à diffuser The Gilded Age, la première création américaine du Britannique (disponible avec un jour de décalage en France, sur OCS). Comme son nom le suggère, elle se déroule à New York durant ce qu’on appelle “l’âge doré”, cette période de reconstruction et d’envol économique qui a suivi la guerre de Sécession.

Pour beaucoup de critiques, The Gilded Age est une déclinaison américaine de Downton Abbey. Même si le titre et le pays changent, “nous savons tous à quoi nous avons affaire, récapitule Lucy Mangan dans The Guardian. Il y a les gens chics – ces vieilles familles qui vivent à New York depuis le jour où un Hollandais en a rêvé. Il y a les parvenus, qui ont engrangé un paquet d’argent douteux en construisant des voies ferrées et qui font maintenant ériger de luxueuses demeures dans tout Manhattan, avec l’espoir de se frayer un chemin dans la haute société.”

Et, comme dans Downton Abbey, il y a le personnel de maison, ajoute la journaliste. Depuis l’office, au sous-sol des hôtels particuliers, soubrettes, mitrons, femmes de chambre et valets de pied médisent sur leurs employeurs “dès que le majordome, présence qui leur en impose, a le dos tourné”.

Trop sirupeux, pas assez douillet

L’ensemble fonctionne-t-il ? James Jackson, le critique du vénérable quotidien The Times, avait quelques craintes avant de regarder le pilote de The Gilded Age, d’une durée de 81 minutes :

L’idée de devoir suivre le

[…]

Marie Béloeil





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