Politics

La crise en Ukraine s’invite dans la campagne présidentielle


Alors que la menace d’un conflit en Ukraine se précise, les différents candidats à l’élection présidentielle de 2022 s’opposent sur la question.

De passage sur franceinfo pour « Les matins présidentielles » mercredi 26 janvier, Fabien Roussel s’est exprimé sur plusieurs sujets. Maltraitance dans les Ehpad, hausse des prix du carburant, retrait du pass vaccinal, cet entretien a donné un petit aperçu de son programme à l’élection présidentielle de 2022. Le candidat du Parti communiste français (PCF) a aussi évoqué le cas de l’Ukraine et les tensions avec la Russie.

Alors que 100000 hommes russes sont massés à la frontière ukrainienne, Fabien Roussel déplore la situation de la France et de l’Europe, un tampon entre les deux géants que sont les Etats-Unis et la Russie : « Nous sommes assis sur un baril de poudre qui se trouve en Europe, et c’est Poutine et Biden qui ont les allumettes en main. Aujourd’hui la France et l’UE n’ont pas leur mot à dire » a-t-il déclaré. Il pense qu’on a « délégué à Poutine et Biden le soin de discuter d’une menace de guerre qui se passe chez nous ». Pour lui, il faut se donner des objectifs de désarmement et de dialogue, comme ce que proposait le traité de Paris de 1990 : « Je demande qu’on fasse cesser le bruit des bottes et que l’on se remette autour de la table » a-t-il dit. Le candidat communiste veut aussi sortir de l’Otan et appelle à la création d’un traité de sécurité collective.

Lire aussi :Au Parlement européen, Macron propose «un nouvel ordre de sécurité» face à la Russie

Il est rejoint sur ce point par Jean-Luc Mélenchon , qui espère un retrait de la France de l’Alliance atlantique et un dialogue avec la Russie. Interrogé le 3 janvier sur France Inter, le candidat de la France insoumise a plaidé pour une désescalade des tensions et pour un rapprochement avec l’ancien pays soviétique, qu’il considère comme un « partenaire » et non un ennemi. Il a rappelé que nous avons fait rentrer 10 pays dans l’Otan à l’Est, ce qui a été ressenti comme une menace par la Russie. Il a ajouté : « il est normal que les Russes se sentent menacés, surtout quand on a ajouté des batteries anti-missiles en Pologne qui menacent 75% de leur système de défense ». Pour lui, proposer un référendum en Crimée pour demander l’avis de la population sur son rattachement à la Russie serait une méthode pacifique pour régler le problème ukrainien.

Des divergences

De son côté, Anne Hidalgo a dit être « résolument du camp de l’Europe ». Dans une interview donnée à RTL le 24 janvier pour son « petit-déjeuner de campagne », elle a affirmé qu’il faut « reconnaitre l’aspiration du peuple ukrainien à vouloir regarder du côté de l’Europe ». Pour elle, il faut maintenir notre présence dans l’Otan mais surtout renforcer la position de la France et de l’Europe face à un président turc et un président russe qui « flirtent » avec les règles internationales.

Dans une tribune publiée ce mercredi dans le journal «Le Monde», Valérie Pécresse a eu un message pour les Etats-Unis et la Russie : « A la Russie, […] je dis : ne vous plaignez pas d’être considérée avec les yeux de la guerre froide, si vous en revenez à l’approche la plus rétrograde de celle-ci. […] Aux Etats-Unis, je dis : acceptez enfin que les Européens puissent prendre en charge les problèmes de leur propre famille ». La candidate LR souhaite un gel de la situation en Ukraine et appelle à une désescalade des tensions. Elle aspire à la création d’une « Conférence sur la sécurité européenne », réunissant les pays européens « de l’Atlantique à l’Oural » selon ses termes. L’intégration de l’Ukraine dans l’Otan n’est pas une « priorité » pour la candidate de droite, qui souhaite par-dessus tout une position européenne forte.

A l’extrême droite, Marine Le Pen s’est exprimée devant un média polonais en décembre, expliquant que l’Union Européenne joue un rôle de « pompier pyromane » dans les relations russo-ukrainiennes. Elle a affirmé que l’Ukraine appartient à la zone d’influence russe « qu’on le veuille ou non », elle qui avait déjà déclaré en 2017 que l’annexion de la Crimée n’était pas illégale. Éric Zemmour n’est pas non plus contre une annexion de la Crimée au profit des Russes. Il avait déclaré en 2014 : « c’est la Russie qui a donné la Crimée à l’Ukraine, la Crimée est russe depuis la fin du XVIIIe siècle » lors d’une interview avec RTL.

Toute reproduction interdite



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.

close