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Le “mirage” d’une coalition israélo-arabe contre l’Iran



Les trois défaites militaires infligées au monde arabe par le régime sioniste [expression utilisée par l’Iran et ses alliés régionaux pour désigner Israël] durant la seconde moitié du XXe siècle (1948, 1967, 1973) ont laissé un amer souvenir au sein des nations musulmanes, d’autant plus que l’expansionnisme du régime sioniste et ses crimes contre les Palestiniens se poursuivent.

La nature de la résistance contre le régime sioniste a donc évolué au cours des dernières décennies. Soutenu par l’opinion publique de l’oumma [la communauté des musulmans], le front de résistance – des organisations palestiniennes, du Hezbollah au Liban et du gouvernement de Bachar El-Assad en Syrie aux groupes de résistance en Irak et au Yémen – a brandi bien haut l’étendard de la lutte, la République islamique d’Iran étant le principal porte-parole de cette mobilisation dans la région.

On peut avancer qu’un front aussi vaste a sans doute joué le rôle d’un formidable contrepoids contre les sionistes, dressant de robustes obstacles face à leurs excès. Vainement enlisé dans le combat contre le front de la résistance, le régime sioniste, aidé des États-Unis, s’est maintes fois efforcé de compenser ses échecs par d’autres moyens. Et, maintenant, il essaie de manipuler la nature de la confrontation historique avec le monde arabo-musulman.

L’Iran, l’ennemi tout désigné

Avec le soutien de la Maison-Blanche, Tel-Aviv cherche depuis des années à inventer une nouvelle cible vers laquelle canaliser la puissante énergie née de l’idéalisme historique des nations arabo-musulmanes, en présentant l’Iran et le front de la résistance comme le principal ennemi des États du Moyen-Orient. Ce qui explique comment l’ancien président américain Donald Trump a conçu les accords d’Abraham, qui visaient à normaliser les relations de certains pays arabes avec le régime sioniste.

Parallèlement à ce projet de normalisation, certaines mesures ont été prises afin de développer une coalition militaire et de sécurité dans la région, à laquelle contribueraient les alliés régionaux des États-Unis. Ces mesures, rapporte-t-on, viseraient à accoucher d’une prétendue “Otan arabe” calquée sur le modèle de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.

Pendant des décennies, les pays arabes ont rêvé de se doter d’une armée arabe commune, en vain. Dans le sillage du printemps arabe, en 2011, ce rêve a été ressuscité. Dans la réincarnation de cette vieille idée, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et la Jordanie auraient souhaité mettre en place une version arabe de l’Otan soutenue par les États-Unis.

Après l’effondrement presque total de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran et la décision du gouvernement américain de retirer ses forces ou de limiter sa présence dans la région, la Maison-Blanche est plus que jamais décidée à favoriser la création d’une coalition régionale afin de contenir et contrôler la République islamique d’Iran. Et voilà comment Tel-Aviv s’est discrètement transformé dans la région en axe mot



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