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« Réévaluer nos ambitions » : Macron donne le cap à venir aux armées




Un tournant pour l’armée française. Le président Emmanuel Macron a chargé le ministère des Armées d’élaborer une nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2024-2030 afin d’adapter les efforts budgétaires au nouveau contexte stratégique marqué par le retour de la guerre aux portes de l’Europe, a-t-il annoncé mercredi 13 juillet.

« Alors que les conflictualités s’intensifient, il nous faut aujourd’hui réévaluer nos ambitions », a-t-il affirmé lors de la traditionnelle réception donnée par le ministre des Armées à la veille du 14 Juillet. « Notre ambition opérationnelle pour 2030 doit être revue pour mieux assurer notre capacité à faire face à la perspective du retour possible d’un affrontement de haute intensité », a-t-il dit.

Ces travaux d’élaboration d’une nouvelle LPM « devront être achevés à la fin de cette année” puis “discutés avec le Parlement » début 2023, a-t-il souligné. Compte tenu de la guerre en Ukraine mais aussi de l’inflation, Emmanuel Macron avait promis une « réévaluation” de la LPM 2019-2025 pour “ajuster les moyens aux menaces ».

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La guerre en Ukraine révélatrice de carences de l’armée française

Le chef de l’État a amorcé en 2017 une nette remontée en puissance des crédits défense après des années de disette. Le budget des Armées va encore croître en 2022 avant de franchir une marche de trois milliards en 2023, pour atteindre 44 milliards d’euros. La LPM actuelle prévoyait ensuite de nouvelles augmentations de trois milliards d’euros par an en 2024 et 2025 pour atteindre un budget défense de 50 milliards.

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Mais le conflit de haute intensité qui se joue en Ukraine a mis en lumière les carences de l’appareil français de défense, notamment en matière de munitions. Il s’agit aujourd’hui de « reconstituer plus vite et plus fort certains stocks, savoir produire davantage de matériels adaptés à cette guerre de haute intensité sur notre sol, faire des choix d’innovation », a fait valoir le chef de l’État. Dans cette « économie de guerre », « toute notre base industrielle de défense, appelée à se recomposer (…), va devoir encore accélerer », a-t-il également souligné.

« Repenser l’ensemble des dispositifs » français en Afrique

Emmanuel Macron a également annoncé mercredi sa volonté de « repenser d’ici l’automne l’ensemble (des dispositifs militaires de la France) sur le continent africain », alors que la force antijihadiste Barkhane est en train de boucler son départ du Mali.

Disant vouloir des « dispositifs moins posés et moins exposés”, le président a jugé qu’il s’agissait d’une « nécessité stratégique », évoquant dans un discours au ministère des Armées sa volonté de « réussir à bâtir dans la durée une intimité plus forte avec les armées africaines, reconstruire une capacité à former, ici et là bas ».

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La France, ancienne puissance coloniale d’une partie des pays du continent, y maintient une forte présence militaire. Outre son engagement dans la lutte antijihadiste au Sahel, en pleine restructuration, elle a des éléments déployés au Sénégal, au Gabon, à Djibouti. Le président Macron a par ailleurs évoqué la « C’est un changement de paradigme profond », a-t-il martelé. « Il nous faut poursuivre notre engagement contre la menace terroriste partout, notamment en Afrique ».

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2 500 militaires mobilisés au Sahel

Hier partenaire-clé de Bamako, la France, ancienne puissance coloniale, est désormais persona non grata et s’apprête à quitter le Mali d’ici quelques semaines. La junte au pouvoir depuis 2020 a poussé dehors l’armée française et a fait appel aux Russes, via la sulfureuse société paramilitaire Wagner, même si Bamako s’en défend.

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Une fois désengagée du Mali, la France aura divisé par deux sa présence au Sahel en ne maintenant que 2 500 militaires environ dans la région. Mais Paris affirme depuis des mois ne pas renoncer à la lutte antiterroriste et discuter avec les pays du Sahel et du Golfe de Guinée pour préparer de nouvelles formes d’intervention.

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Au Niger, les Français maintiendront plus d’un millier d’hommes et des capacités aériennes pour fournir un appui feu et du renseignement dans le cadre d’un « partenariat de combat » avec les forces armées nigériennes (FAN), déployées avec 250 soldats français à proximité de la frontière avec le Mali face aux jihadistes liés à Al-Qaïda ou au groupe État islamique.

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Paris avait aussi annoncé le 1er juillet, en toute logique, la fin de la task-force Takuba au Mali, une agrégation de forces spéciales européennes, victime collatérale des tensions avec les colonels au pouvoir à Bamako. Les contours d’une participation européenne à la lutte antijihadiste en Afrique restent à définir.




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