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Salman Rushdie grièvement blessé dans une attaque au couteau aux États-Unis



“La vie de Salman Rushdie vient à nouveau de basculer, cette fois à New York où il vivait depuis plus de deux décennies”, soupire Le Soir. Alors qu’il s’apprêtait à donner, vendredi matin, une conférence littéraire dans un centre culturel de Chautauqua, dans l’État de New York, Salman Rushdie a été violemment poignardé par un homme masqué, rapidement maîtrisé et arrêté.

“L’agresseur a poignardé M. Rushdie à l’abdomen et au cou, selon la police et les témoins”, s’acharnant sur l’écrivain “alors que plusieurs personnes le retenaient”, rapporte le New York Times. “Il a fallu cinq hommes pour l’éloigner et les coups de couteau continuaient”, a déclaré au quotidien Linda Abrams, qui était assise au premier rang. “Il était déchaîné, absolument déchaîné. Déterminé et vraiment rapide”, a-t-elle ajouté.

L’écrivain a été transporté par hélicoptère vers l’hôpital le plus proche où il a été opéré en urgence. Le premier bilan de santé officiel a été communiqué dans la soirée. “Les nouvelles ne sont pas bonnes”, a affirmé son agent Andrew Wylie dans un e-mail envoyé au New York Times. “Salman va probablement perdre l’usage d’un œil, les nerfs de son bras ont été sectionnés et son foie a été touché”, a-t-il précisé.

“Un message qui ne souffre d’aucune ambiguïté”

Dans l’après-midi, la police a identifié l’agresseur présumé, Hadi Matar, un homme de 24 ans résidant dans l’État du New Jersey. “Le motif n’a pas été précisé” et le bureau du procureur n’a pas encore décidé des chefs d’accusation retenus contre le jeune homme, selon le Washington Post. Le FBI s’est joint à l’enquête, souligne en outre le quotidien de la capitale.

El País indique que “le chef de la police n’a pas voulu spécifier le pays d’origine [de l’agresseur présumé] ni lier ses actions à la fatwa émise” par l’ayatollah iranien Rouhollah Khomeini à en 1989. Mais des sources policières ont confié au New York Post que Matar avait publié “sur les réseaux sociaux des messages de soutien à l’Iran et au Gardiens de la révolution, et plus généralement à l’extrémisme chiite”.

“L’Iran a affirmé, en 1998, ne plus encourager les tentatives d’assassinat contre Rushdie, rappelle Le Soir. Mais les autorités religieuses n’ont cessé de répéter que la fatwa n’était pas levée, malgré les excuses que Salman Rushdie avait formulées en 1990 dans [son livre] De bonne foi […]. Vient-on d’avoir la confirmation qu’une fatwa est éternelle ?”

Pour The Atlantic, “quel que soit le motif de cet acte de violence, il y a un message qui ne souffre d’aucune ambiguïté, précisément parce que la cible était un écrivain : la liberté d’expression mérite la peine de mort. Ce simple fait nous entraîne en territoire dangereux, car ce qui était autrefois considéré comme le scénario du pire est maintenant une réalité, un fait qui s’est produit et qui pourrait donc se reproduire”.

Attentat contre la liberté d’expression

Dans un article d’opinion, le Daily Telegraph avance que l’agresseur de Salman Rushdie, “comme des millions d’autres personnes à travers le monde, n’avait certainement aucune connaissance ou compréhension du roman censé avoir constitué une telle offense. La plupart de ceux qui ont attaqué Les Versets sataniques pendant toutes ces années (à commencer par l’ayatollah) n’ont jamais pris la peine de lire le livre”.

Cet attentat, poursuit le quotidien britannique, n’a rien à voir avec “un débat sur les interprétations de l’islam ou les différentes écoles de jurisprudence islamique et leur vision du blasphème. C’est un simple attentat contre la littérature, de la part de ceux qui ne la comprennent pas. Un attentat contre la liberté d’expression, par des gens qui en ignorent le concept même”.

Les réactions ont afflué des quatre coins du monde. Au Royaume-Uni notamment, où il avait été anobli en 2007, le Premier ministre Boris Johnson s’est dit “atterré que Sir Salman Rushdie ait été poignardé alors qu’il exerçait un droit que nous ne devrions jamais cesser de défendre”, rapporte The Times.

En France, Emmanuel Macron a assuré être “aujourd’hui, plus que jamais”, aux côtés de l’écrivain. “Son combat est le nôtre, universel”, a-t-il écrit sur Twitter.



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