Politics

Un échange de prisonniers avec les États-Unis remet les talibans sur le devant de la scène



Marc Frerichs est bientôt libre, se réjouit The New York Times. Les autorités américaines ont annoncé, ce lundi 19 septembre, avoir conclu un accord avec les talibans pour que cet ancien combattant de la marine américaine, devenu ingénieur civil, soit relâché.

L’ex-militaire, maintenu en captivité en Afghanistan depuis son kidnapping en 2020, a été échangé contre Bashar Noorzaï, “un important baron de la drogue” proche des talibans et condamné en 2009 à la prison à vie par la justice américaine. “Il s’agit du premier échange de prisonniers connu entre les États-Unis et les Talibans depuis que ces derniers ont repris le pouvoir en Afghanistan l’année dernière.”

L’affaire Mark Frerichs occupait les États-Unis depuis déjà deux ans, précise le titre. Après sa capture, les Américains avaient lancé une grande opération pour retrouver sa trace. Son cas avait été évoqué lors des négociations de paix avec les talibans, “mais les discussions sur le sujet avaient finalement été abandonnées”.

“Victoire symbolique”

En Afghanistan, cet échange de prisonniers “a été considéré comme une victoire symbolique importante, et comme la preuve de la loyauté des talibans envers leurs sympathisants”, assure The New York Times.

Pour le journal américain, il pourrait “renforcer la position des pragmatistes” du régime, qui veulent dialoguer avec la communauté internationale et se montrent moins intransigeants sur les mesures politiques les plus controversées des talibans – comme l’interdiction pour les filles d’aller à l’école.

Le ministre taliban des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, a notamment affirmé “être prêt à régler les problèmes en négociant avec tout le monde, y compris avec les États-Unis”.

Depuis la Maison-Blanche, Joe Biden a quant à lui fait savoir que les discussions ayant conduit à la libération de Mark Frerichs ont “exigé des décisions difficiles”, qui n’ont “pas été prises à la légère”. Selon plusieurs hauts fonctionnaires, le président s’inquiétait pour la sécurité de l’ingénieur depuis août dernier, quand “une frappe aérienne américaine avait tué le chef d’Al-Qaida [et cerveau des attentats du 11 septembre], Ayman Al-Zawahiri, dans le centre de Kaboul” et provoqué la colère des talibans.

D’après plusieurs sources gouvernementales américaines, Bashar Noorzaï ne présenterait pas de risque pour la sécurité nationale des États-Unis et pour les ressortissants du pays en Afghanistan. Ce proche du mollah Omar, l’un des cofondateurs des talibans, reste néanmoins une figure importante du mouvement islamiste, qu’il a soutenu financièrement dans les années 1990.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.