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Une histoire de la violence : « L’École de Topeka »





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C’est le plus beau commencement de roman qu’on ait lu depuis longtemps. Le jeune Adam Gordon dérive dans la nuit sur un petit bateau au milieu d’un lac artificiel, il parle, il parle. Soudain, il constate que sa petite amie n’est plus là. Est-ce qu’elle a plongé sans le prévenir, est-ce qu’elle s’est noyée ? Il ramène tant bien que mal le bateau à bon port, fonce chez elle, l’aperçoit endormie dans son lit, rage.

Sauf que ce n’est pas la bonne maison, comprend-il, alors qu’il s’est introduit dans la salle de bains – qui est presque comme la salle de bains de sa petite amie, mais pas tout à fait. Dans ce quartier résidentiel, toutes les habitations sont à peu près identiques, dehors comme dedans : d’une maison à l’autre, « les visages et les poses dans les photographies de famille, sur le manteau de la cheminée, changeaient peut-être, mais toutes appartenaient à la même grammaire de visages et de poses ; et, en ouvrant n’importe lequel de ces immenses réfrigérateurs en acier inoxydable, en examinant n’importe lequel de ces îlots en simili marbre, on trouverait des éléments modulaires assortis, dans des configurations légèrement différentes ».

L’École de Topeka est le troisième roman de Ben Lerner. Finaliste du prix Pulitzer, le livre est « le plus important à ce jour de l’écrivain le plus talentueux de sa génération », selon le New York Times. Dans Au départ d’Atocha (L’Olivier, 2014), un aspirant écrivain, nommé Adam Gordon, profitait d’une bourse prestigieuse à Madrid pour tenter de se faire une vie et une œuvre ; dans 10:04 (L’Olivier, 2016), un jeune romancier vivant à Brooklyn essayait de se faire une vie et de poursuivre son œuvre, après un premier succès.



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