Politics

Washington menace de bloquer Nord Stream 2 si Moscou envahit l’Ukraine



L’Allemagne, de son côté, a déclaré que le projet pourrait faire l’objet de sanctions en cas d’attaque de la Russie.

Les Occidentaux, qui affirment depuis des semaines qu’ils cibleront l’économie russe en cas d’attaque contre l’Ukraine, “durcissent leur position sur le lucratif gazoduc” Nord Stream 2, reliant Russie à l’Allemagne, résume la BBC. 

Les États-Unis ont assuré, jeudi 27 janvier, que sa mise en service serait bloquée si la Russie venait à envahir le pays. “Je veux être claire avec vous aujourd’hui : si la Russie envahit l’Ukraine, d’une manière ou d’une autre, Nord Stream 2 n’ira pas de l’avant”, a prévenu la numéro trois de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.

Berlin, de son côté, a seulement déclaré ne pas exclure de frapper le projet de sanctions. Les alliés occidentaux “travaillent sur un ensemble de sanctions fortes” couvrant des aspects “incluant Nord Stream 2”, a déclaré jeudi au Bundestag la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. Elle a ajouté qu’elle préférait “poursuivre le dialogue” avec Moscou.

“Changement de ton majeur” 

Il s’agit toutefois d’un “changement de ton majeur” puisque, “depuis des années”, le gouvernement allemand présente le gazoduc “comme un projet commercial privé et apolitique”, analyse Damien McGuinness, le correspondant à Berlin de la chaîne britannique. “Le renforcement militaire russe à la frontière de l’Ukraine a obtenu ce que des années de pression américaine n’ont jamais pu obtenir : il a amené l’Allemagne à repenser Nord Stream 2”, décrypte le journaliste. 

La construction du gazoduc de 1 225 km, conçu pour doubler les exportations de gaz russe vers l’Allemagne, a duré cinq ans et a coûté 11 milliards de dollars, rappelle la BBC. Il n’a pas encore commencé à fonctionner, car les autorités de régulation ont déclaré en novembre qu’il n’était pas conforme à la législation allemande et ont suspendu son approbation.

L’Europe se tourne vers Washington pour trouver du gaz

“C’est la première fois que l’Europe envisage de cibler un secteur dont elle dépend pour 40 % de ses importations de gaz”, relève le Financial Times, qui évoque pour sa part des sanctions en préparation du Royaume-Uni et de l’Union européenne contre “les nouveaux projets gaziers russes” si le Kremlin ordonnait une attaque contre l’Ukraine. 

Alors que le Kremlin menace Kiev, “les Européens se démènent pour sécuriser leur approvisionnement en gaz et se sont tournés vers les États-Unis pour trouver des sources de secours échappant au contrôle de Moscou”, rapporte pour sa part le Wall Street Journal. “Ces dernières semaines, tandis que la Russie a positionné plus de 100 000 soldats près de l’Ukraine, les responsables de l’énergie de l’UE ont rencontré leurs homologues américains et se sont rendus en avion chez des producteurs de gaz, notamment l’Azerbaïdjan et le Qatar.”

Les tensions croissantes à la frontière russo-ukrainienne “font craindre que la crise d’approvisionnement en gaz de l’Europe ne s’aggrave”met en garde The Guardian. Sur le continent, les prix ont déjà dépassé des records “et menacent d’imposer aux ménages une crise du coût de la vie”.





Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.